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vendredi 21 novembre 2008

Journée n°1 - lundi 10 décembre, fin de journée, les joies du transport en commun

Vignette 14 Comme pour toute personne qui se respecte, l'entretien d'une voiture est devenu un luxe. Alors j'ai ma carte de bus. Le problème d'habiter au fin fond de la métropole, c'est que la fréquence des bus est à pleurer. Un bus toutes les deux heures... Alors ce soir, même pas le temps de savourer d'avoir échappé à la mort. Sprint!!!!
Le seul avantage que ça me donne, c'est que je garde l'espoir de rencontrer le... Non, je préfère ne pas en parler pour l'instant.

Journée n°1 - lundi 10 décembre, surprise surprise

Vignette 13
Bon, prise la main dans le sac (quelques heures plus tard quand même), on croise les doigts. "Faute avouée, Vera totalement pardonnée". Qui l'eût cru? Larry, même si t'as souvent du mal, je t'aime!

Journée n°1 - lundi 10 décembre, crise cardiaque

Vignette 12
Et tant qu'à faire, c'est quand j'essaie de fuir mes responsabilités que je me fais choper, et pas de la manière la plus douce. Larry, t'es mignon, mais ne refais plus jamais ça! A moins que... ce soit un plan pour me tuer (au sens propre). Non, ce serait trop élaboré pour toi...

Journée n°1 - lundi 10 décembre, heure de vérité



Vignette 11

Quand le chef débarque, on en oublie ses principes. Basta, j'avouerai rien. Sauve qui peut, je cours me planquer. Quelqu'un lui expliquera sereinement la situation. Dira que c'est de ma faute, et passé le week end, tout sera oublié. Mais c'est sans compter certains d'entre nous qui n'expriment aucune pitié. Et généralement c'est les moins bien placés qui se la ramènent.

mercredi 19 novembre 2008

Journée n°1 - lundi 10 décembre, c'est la misère!





Vignette 10



A être partout pour faire la plupart du boulot des feignasses du bureau, on en vient parfois à trop prendre ses aises. C'est ce qui m'arrive certaines fois. Il arrive qu'un moment je sente qu'il y a une opportunité à saisir, une prise de décision qui pourrait me sortir du train-train quotidien. Une prise de décision tout court en fait. Et, bien qu'il me faille tous les doigts du bureau pour compter mes qualités, dans ce genre de situation, j'ai tendance à foncer tête baissée. Et à 99% c'est la grosse boulette. Le désavantage à travailler en communauté, c'est que la moindre erreur a un effet boule de neige instantané et c'est tout le monde qui trinque. Et là, même quand ce sont mes planqués de collègues qui me critiquent et me font des reproches, je la mets en veilleuse. J'aime vraiment pas me planter. Je cherche à taper haut pour me faire plaisir et les bluffer, pour ensuite me crasher en quelques secondes devant tout le monde. Le noyau terrestre et moi on devient très copains!! Bref, ça devient horrible. J'en suis même à me laisser choyer par Hakima. Ca reste une occasion, dans mon grand désarroi, d'être carressée dans le sens du poil et de recevoir des compliments. Mais l'engueulade est imminente. J'ai alors les mâchoires crispées, les sourcils qui s'abaissent, les joues qui rougissent, je fais des va-et-vient, et j'arrête pas d'avouer que j'ai fait une bourde. Mais bon, comme tous se mettent à discuter de la situation entre eux, et que je suis la "chieuse" de la bande, pas vraiment moyen d'en parler à quelqu'un à tête reposée. Alors pour une fois, au lieu de maudire les copains, c'est moi-même que je désavoue.

mardi 18 novembre 2008

Journée n°1 - lundi 10 décembre, 5 minutes de ma journée

Vignette 9
Bensé - Au Grand Jamais

Suis-je parfois fragile
Ai-je vraiment le choix
M'arriverait-il d'être à cran, tout bas
Pensais-je à la mort
Pour enfin arrêter d'être si fort, sais-je au moins pleurer
(Refrain :) Non jamais, au grand jamais
Regardez est-ce que je tremble
Non jamais, plutôt crever que de laisser la vie me descendre
Non jamais, jamais, au grand jamais...
[3 phrases censurées]
Suis-je des froids glacés
Quand je monte sur scène
S'est-on déjà brûlés à la chaleur humaine
(Refrain:) Non jamais, au grand jamais
Regardez moi ! est-ce que je tremble
Non jamais, plutôt crever que de laisser la vie me descendre
Non jamais au grand jamais
Et achevez moi si je tremble
Car jamais, au grand jamais je ne laisserais cette vie me descendre
Non jamais ... jamais ... jamais
Au grand jamais
Au grand jamais

lundi 17 novembre 2008

Journée n°1 - lundi 10 décembre, la permanence

Vignette 8
Ah, la permanence! C'est le grand privilège de tout surveillant. Pouvoir se retrouver en autarcie, dans une salle perdue au bout d'un couloir avec tout plein de gamins pré-pubères, qui remuent, respirent, parlent... Et c'est là l'idée, car attention, c'est élaboré!
Le concept, c'est à deux menus:
Menu 1: salle studieuse, propice au travail, on entend les mouches voler et le froissement des pages qui se tournent.
Menu 2: salle de dialogue, de conversation, de discussion entre les élèves et l'adulte.
Moi comme je suis très pédagogue et que j'ai l'esprit ouvert, j'ai choisi le Menu 2. Je pars du principe que chacun peut s'exprimer librement, donner ses opinions respectueusement. Le fait d'être un adulte ne veut pas dire pour autant qu'on doit jouer les bourreaux.
Le privilège suprême de la perm, sinon, et je suis sûre que tous me suivront là-dessus, c'est le moment de l'appel. 400 élèves c'est beaucoup. Alors, on en découvre un peu tous les jours. L'appel est pour moi le reflet de notre société autonome, culturellement forte, et la rencontre avec nos générations futures. Victor Hugo fut, Britney Spears sera. That's life!

Journée n°1 - lundi 10 décembre, en perm les morpions!

Vignette 7

L'intérêt de bosser dans l'Education Nationale, c'est que les surprises coulent à flots. On se pointe le matin en pensant que tous les professeurs seront présents, qu'il n'y aura aucune emmerde, que "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil". Eh ben non, c'est une feinte. Parce que - et attention, gros dossier - les profs sont le "trou de la Sécu". En un seul coup de téléphone en plus! "Mon gamin est malade, je pourrai pas venir." "Je ne me sens pas très bien, hum hum". "J'ai trop picolé ce week -end, j'ai la gueule de bois, vous pouvez prendre mes élèves en charge?".

"MES élèves". Sans déc'! A force ils deviennent les élèves de la Vie Scolaire, ouais! Ou les MIENS plutôt. Alors là ça devient comique! Dans ce genre de cas, tout le monde se serre les coudes. Aussitôt les élèves seuls ( abandonnés par leur prof ) trainant dans la cour, c'est tout le monde aux abris. Enfin, pas tout le monde. Certains de mes chers collègues se la jouent plus subtile. "Oh, zut, heu, j'ai pas mes clés pour la perm". ou bien "Oh, regarde, y a une perm". Et hop, juste le temps d'avoir jeté un oeil vers les mômes, y a plus personne. Ouais, ok, merci c'est bon, je la fais... C'est ma B-A du jour, après basta! Et là, la tête dans le guidon, la journée commence...

dimanche 16 novembre 2008

Journée n°1 - lundi 10 décembre, début de journée

Vignette 6

07h45: En théorie tous les surveillants prévus doivent être présents à l'arrivée des élèves. En pratique - c'est devenu un rituel - je suis la seule à pointer mes miches à l'heure. Donc corvée de grille, donc 300 "bonjour" (très entousiastes) à marmonner pendant que je me les gèle...
07h50: Un premier arrive - en forme...
07h53: Les autres débarquent tout juste avant de se faire pister par le principal.
NB: Le CPE suit ses subalternes...
08h00: Je finis de faire rentrer le bétail.

Journée n°1 - lundi 10 décembre, le réveil

Vignette 5

05h45: Le bip se met en marche. C'est automatique, mon bras fait une rotation à 180° et envoie valser le réveil. Ca plaît aux voisins. Faut être solidaires!
06h30: Attente dans le froid à l'arrêt de bus au bout de mon quartier. S'il y a bien une question que je me suis toujours posée, c'est : "pourquoi ces mêmes personnes que l'on voit systématiquement à l'arrêt de bus ne se décident pas à s'adresser la parole?" Tout le monde se scrute, mais personne réagit. Faut dire qu'en même temps, à cette heure-ci de la journée, je suis pas au top de ma forme, et j'ai plutôt envie qu'on me foute la paix...